Devinettes: APPRENEZ À DÉTECTER LES «COCKTAILS DUROCHER»

Souvent, les médias officiels privés et publics exagèrent ou mentent au sujet de la « violence » des manifestantes et manifestants. Après les fameuses manifestations de Seattle, en 1999, les médias ont inventé tout un arsenal imaginaire, affirmant faussement que des anarchistes avaient utilisé des fusils à balles de plomb, des lance-pierre de chasse tirant des billes de plomb, et des fusils à eau remplis d’eau de javel ou d’urine. En prévision de manifestations contre la Convention du Parti républicain à New York en 2004, les tabloïds New Daily News et New York Post expliquent que des anarchistes qui débarqueront en provenance du Québec ont utilisé une catapulte lançant des ours en peluche imbibés d’essence et enflammés à l’occasion des manifestations contre le G20 à Montréal, en 2001. Or la réunion du G20 à Montréal s’était tenue en 2000, et c’est lors du Sommet des Amériques à Québec, en 2001, qu’une catapulte est entrée en action : elle ne lançait que d’inoffensifs nounours en peluche, sans flammes ni essence...

Les policiers aiment bien mentir eux aussi au sujet de l’arsenal des activistes, ce qui permet de justifier leur répression. Ainsi, les «cocktails Durocher» doivent leur nom au célèbre commandant André Durocher, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui n’hésitait pas à mentir aux médias pour justifier les arrestations de masse. Après l’arrestation de masse « préventive » (selon l’expression du commandant) du 26 avril 2002, d’une foule ayant répondu à l’appel de la Convergence des luttes anti-capitaliste (CLAC) de manifester contre une réunion ministérielle du G8, à Montréal, le commandant Durocher a même osé brandir devant les caméras des médias des bouteilles de plastique, en déclarant qu’il s’agissait de cocktails Molotov. Évidemment, un cocktail Molotov doit être fabriqué avec une bouteille de verre, et non de plastique, pour qu’il puisse éclater en touchant la cible.

Un « cocktails Durocher », c’est donc une fausse preuve produite par les policiers pour justifier la répression. Pour vous entraîner à les repérer, voici une petite devinette qui
consiste à associer des mensonges policiers avec un événement politique.

Mensonges des policiers

1. Un chef de police déclare avoir saisi des explosifs et des ballons remplis d’acide dans un entrepôt où des activistes confectionnaient des marionnettes géantes ;
2. Les policiers déclarent avoir saisi du matériel pour fabriquer du poivre de Cayenne ;
3. Les policiers disent avoir trouver des cocktails Molotov dans un centre de convergence ;
4. Les policiers déclarent avoir arrêté des manifestants qui transportaient des bombes ;
5. Les policiers annoncent avoir intercepté une camionnette contenant des serpents et des reptiles venimeux, déclarant que les activistes planifiaient de libérer ces animaux dans les rues du centre-ville ;
6. Les policiers déclarent que des « anarchistes » ont lancé de l’acide au visage d’un policier ;
7. Les policiers affirment que des activistes ont placé dans la ville des bombes de glace sèche ;
8. Les policiers disent avoir saisi des cocktails Molotov dans le sac à dos d’un manifestant blessé ;
9. Les policiers arrêtent lors d’une manifestation un individu ayant tiré d’une arme à feu.

La vérité

1. Philadelphie, Convention du Parti républicain en 2000 (les policiers se rétractent publiquement et avouent qu’ils n’ont rien saisi d’illégal lors de l’opération).
2. Washington D.C. 2000, réunion conjointe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (les policiers avouent qu’il s’agissait d’ingrédients pour préparer de la soupe gazpacho).
3. Gênes, Sommet du G8, en juillet 2001 (c’est vrai, sauf qu’une commission parlementaire permet d’apprendre que les policiers avaient placé eux-mêmes les cocktails Molotov dans les locaux de l’école Diaz).
4. Washington D.C. 2000, réunion conjointe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (les policiers se rétractent quelques jours plus tard).
5. Philadelphie, Convention du Parti républicain 2000 (les policiers ont finalement avoué qu’il s’agissait d’un véhicule d’un animalier qui n’avait aucun rapport avec les manifestations).
6. Philadelphie, Convention du Parti républicain 2000 (les policiers avouent que rien de tel n’est arrivé).
7. Philadelphie, Convention du Parti républicain 2000 (les policiers avouent que c’est faux).
8. Thessalonique, Sommet de l’Union européenne en juin 2003 (c’est vrai, sauf que le réseau de télévision grec ET3 a diffusé les images d’un policier qui plaçait lui-même les cocktails Molotov dans le sac-à-dos du manifestant).
9. Montréal, 26 avril 2002 (c’est vrai, sauf que l’individu n’a pas été interpellé dans la manifestation, mais en même temps qu’une arrestation de masse, dans une station de métro. Les deux événements n’ont aucun lien, sauf dans la bouche du commandant André Durocher...).

Abécédaire anticapitaliste

Après CISM pendant plus d'un an, le comité agitprop de la CLAC sévit maintenant sur les ondes de CKUT à l'Émission Off The Hour un vendredi par mois. La chronique est basée sur la formule d'un abécédaire: une lettre, un mot, une tirade. Ça ne se passe pas dans l'ordre alphabétique, mais selon l'actualité. D comme dénoncer, C comme crosse ou crosseurs. Bonne écoute!



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